04.12.2017

L’avenir de la mobilité est arrivé

« L’autonomie des véhicules est certainement le vecteur qui est le plus intrigant et le plus prometteur. Est-ce que l’autonomie est la solution à tous les maux ? »

À la question « Quels sont les principaux changements en mobilité à venir au cours des prochaines années ? », un des participants de la conférence LA CoMotion sur la mobilité a répondu « tout va changer ! », tandis qu’un autre ajoutait « tout, et très rapidement ».

La plupart des acteurs de l’écosystème de la mobilité s’entendent sur le fait que les prochaines années seront le théâtre de changements nombreux et profonds en matière de transport. La vaste majorité des citoyens sera touchée, principalement dans les grandes villes, mais aussi dans les petites. À long terme, l’objectif de ces transformations reste de faciliter le déplacement des biens et des personnes.

La mobilité est un enjeu universel. On n’a qu’à penser aux problèmes d’engorgement des infrastructures et au nombre insuffisant de modes de transport alternatifs à l’auto individuelle. Depuis un certain temps déjà, plusieurs organisations publiques et privées cherchent à implanter des solutions qui amélioreraient la mobilité et, corollairement, la qualité de vie des gens.

Il semble actuellement y avoir trois grands vecteurs de changements : l’électrification, la mobilité partagée et le transport autonome.

L’autonomie des véhicules est certainement le vecteur le plus intrigant et le plus prometteur. Si elle n’est pas la solution à tous nos maux – certains pensent même qu’elle pourrait entraîner une hausse du nombre de véhicules sur la route –, il est tout même intéressant de s’y attarder.

Selon la très grande majorité des intervenants à la conférence LA CoMotion, l’autonomie deviendra une réalité répandue d’ici quelques années. Un des plus grands avantages de la voiture autonome : la sécurité. Comme environ 95 % des accidents de la route sont causés par de mauvaises décisions humaines ou des comportements inadéquats, il semble que les systèmes qui soutiennent ce type de véhicules devraient éliminer la quasi-totalité des accidents.

D’ici à ce que les véhicules tels qu’on les connaît désertent complètement les rues, les véhicules autonomes devront interagir avec des conducteurs humains (et leurs défauts) sur la plupart des routes du monde, même si on envisage des voies ou des secteurs entièrement dédiés aux véhicules autonomes, pour maximiser leur efficacité et la sécurité.

Ce que les technologies de véhicules autonomes n’ont pas encore bien intégré, c’est l’interaction active entre les humains dans l’environnement de conduite. À pied, en vélo ou au volant, on interagit chaque jour avec les autres : un contact visuel pour s’assurer qu’on a été vu, un sourire ou un signe de la main pour laisser passer un piéton ou un autre automobiliste. Bref, il reste encore beaucoup de travail avant qu’on voit des systèmes capables de comprendre les signes que se font les humains entre eux.

Le véhicule autonome, ce n’est pas que l’automobile. C’est un type de véhicule à l’avenir prometteur pour les sociétés de transport de marchandises ou de transport public, qu’il s’agisse de camions, de navettes ou d’autobus. La ville de Dubaï s’apprête même à enclencher une série de tests sur des taxis aériens autonomes. Sous la forme de gros drones ou de petits hélicoptères électriques, ces taxis volants seront capables de mener deux passagers à destination, sans pilote !

Sans surprise, l’autonomie devrait rapidement s’étendre à la livraison de colis de petite taille. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, le scénario de drones livrant des colis directement à la porte relevait de la science-fiction, il apparaît aujourd’hui comme tout à fait réaliste, et ce, à relativement court terme.

Pour ce qui est des autobus ou des navettes autonomes, c’est déjà une réalité. La compagnie Transdev a déjà des véhicules de ce type sur la route un peu partout dans le monde. Waymo, une division de Google, rend déjà disponibles des véhicules autonomes en Arizona, via une simple application. Selon les citoyens de cette communauté, les véhicules Waymo seraient de loin les plus courtois sur la route.

Au Canada, on a le droit de se demander comment ces véhicules évolueront dans le froid, la neige et le verglas. Nos conditions météorologiques extrêmes font certainement partie des préoccupations des organisations responsables de développer et de tester ces systèmes, mais pour l’instant, personne n’a de réponse claire à ces questions. Chose certaine, il y a une panoplie de tests en cours. Et les innovations des prochaines années auront des retombées concrètes sur la mobilité des biens et des personnes, ici comme ailleurs.

Luc Arbour