22.11.2017

Les villes au centre de la nouvelle mobilité

« Il devient donc très important que les villes développent une approche ouverte et transparente en impliquant les différentes communautés qui composent leur tissu social. »

Lors de la conférence LA CoMotion à Los Angeles, le célèbre architecte Daniel Libeskind a été invité à discuter du rôle de l’architecture dans la mobilité urbaine. Toujours intéressant, Libeskind a entre autres mentionné que ce ne sont plus les pays qui compétitionnent entre eux : ce sont les villes qui s’affrontent sur la scène internationale. Cette saine compétition fait en sorte que les villes redoublent de génie pour trouver et mettre en œuvre des solutions, notamment aux graves problèmes de mobilité qui accablent les grands centres.

C’est Milan contre Copenhagen, Seattle contre Toronto, New York contre Paris… et c’est très bien ainsi, parce que la compétition incite à proposer des solutions dans un mode collaboratif. Les villes partagent leurs découvertes et leurs outils dans le but premier d’améliorer la vie des citoyens.

Loin d’être négligeables, les problèmes de mobilité urbaine ont des conséquences désastreuses sur la santé, l’économie, l’environnement et le développement de la jeunesse, entre autres.

Parce que l’autorité municipale est la forme de gouvernement la plus proche des citoyens et qu’elle a le mandat d’implanter des solutions sur son territoire, la ville détient un pouvoir important dans l’élaboration et l’implantation de solutions qui touchent directement la vie des citoyens et des visiteurs.

Dans cette optique, les villes doivent adopter une approche ouverte et transparente en faisant appel à toutes les communautés qui composent leur tissu social. La communication des enjeux et des solutions ne doit pas être sous-estimée : les villes doivent mieux communiquer les conséquences et les enjeux réels liés aux problèmes de mobilité des biens et des services. Pour que la population donne son appui et soit mobilisée, il faut inviter les citoyens à la discussion. Il faut que tous comprennent très clairement les enjeux et les objectifs visés et, surtout, qu’ils fassent partie des solutions proposées et soient entièrement au fait des conséquences possibles.

La plupart des grandes villes nord-américaines ont été développées autour de l’auto dans les années 50 et 60. Ces aménagements ne suffisent plus. Le transport des biens et des personnes en souffre. Le temps perdu et les coûts sont intenables. Les villes voudront se réapproprier, au nom du bien-être commun et avant tout de leurs citoyens, leurs trottoirs, leurs rues, leurs espaces de stationnement, leur mobilier urbain et leurs espaces verts pour créer un environnement plus humain, plus vert et plus sécuritaire. Pour ce faire, elles devront favoriser des modes de transport autres que les autos avec un seul occupant. C’est le moment de faire place aux véhicules électriques, aux véhicules autonomes, aux différentes plateformes de partage automobile et cycliste, aux pistes cyclables, aux voies réservées, et à toutes les innovations qui n’ont pas encore vu le jour.

Il devient de plus en plus évident que le statu quo est intenable à moyen terme. Certaines villes comme Oslo et Copenhagen l’ont compris. Le transport et la mobilité sont au centre de leurs préoccupations et de leurs actions. Les autres grandes villes du monde emboîtent toutes le pas, à leur façon, pour régler les problèmes propres à leur environnement. Le monde change, une ville à la fois, et c’est très bien ainsi !

Luc Arbour, vice-président, service-conseil, Toyota.